Château de la voulte

Dominée par son château, la vieille ville épouse le rocher par les calades et les ruelles empierrées. Neuf cents ans nous contemplent, neuf cents ans d’histoire imprégnée, gravée sur le rocher. La demeure des Ventadour, reste là, belle et fière dans ses ruines de pierres. Gardienne de la cité, sa noble prestance est chère aux cœurs des Voultains. Son histoire s’est construite autour des familles De Clérieu et de Fay, des Bermond D’Anduze, des Levis de Ventadour.

Sur le diaporama ci-contre vous pouvez observer les photographies suivantes :

  • Vue du château depuis la place du Marché
  • Vue sur la ville de La Voulte sur Rhône depuis le château
  • Arcades de la cour intèrieure du château
  • Vue extérieure du château
  • Vue sur le rhône depuis le château, photo de 1972

Au cœur du dédale

En ces temps lointains, sur le haut du rocher, à l’emplacement de l’église, s’élevait un fortin composé de deux tours appelé pour cette raison « La Bistoure ». Des remparts entouraient la vieille cité, dont quelques vestiges subsistent encore. Plusieurs portes fermaient la ville. Des rues en escaliers, étroites et pentues aux noms anciens, existent toujours dans la vieille cité et autour des remparts. Quelques passages voûtés, de vieilles maisons aux fenêtres à meneaux et aux portes sculptées témoignent de ce passé prodigieux. Une légende prétend que du château partirait un souterrain traversant le fleuve. Rien ne le prouve aujourd’hui. Mais, il existait jadis des passages souterrains, qui aboutissaient près de la place de l’église. A l’époque, les fermiers venaient abriter leurs récoltes dans les vastes salles en sous-sol du château, peut-être pour les protéger des pillards ou des prédateurs.

Chaque soir les portes des remparts étaient fermées et gardées par une petite garnison.

Vidéo visite du château de la voulte et ses ruelles avoisinantes

Le château, incendié en août 1944, date du XVI siècle, connaît sa plus grande gloire sous Gilbert III et Anne de Ventadour. L’ensemble est puissant et harmonieux, et reflète l’histoire des familles et d’un art de vivre. Louis XIII, de passage, a peut-être séjourné en ces murs. La fidélité que les habitants montrent pour ce roi, lors de la révolte du Vivarais en 1629, leur donne divers privilèges. Au cours des siècles, le château subit de nombreuses transformations. L’incendie de 44 qui le ravage a violemment ébranlé les murs, détruit les toitures. La couverture de la bâtisse dans ses heures de gloire, était en tuiles vernissées de cinq couleurs : noire, jaune, verte, rouge et blanche. En 1598, Anne Lévis de Ventadour, le fait restaurer et embellir, confiant ce travail à des artisans de la ville, mais aussi à des ouvriers venant de la région parisienne et d’Allemagne.

La bâtisse est aujourd’hui composée de trois corps de bâtiment de différentes époques, de différents courants. Dans l’enceinte du château, le visiteur peut admirer la partie la plus ancienne, la cour intérieure délimitée par des arcades portant une multitude de différents motifs sculptés sur ses voussoirs ainsi que des écussons sur les clés de voûte. Un escalier donnait accès à une grande galerie où se tiennent à plusieurs reprises les Etats Généraux du Vivarais. A gauche dans la cour, le grand escalier d’honneur surplombé de fenêtres à meneaux, visibles sur la façade, des écussons, peut-être vestiges maçonniques ou signatures de compagnons. Cet escalier conduit à la terrasse qui domine la ville, point de vue unique sur le vieux village qui s’étend aux pieds des visiteurs, et au-delà du fleuve, la vallée du Rhône, les montagnes du Diois et les Préalpes.

En redescendant dans la cour, une visite à la Chapelle des Princes, classée monument historique, s’impose. Cette chapelle de style gothique a été construite par Bermond D’Anduze. Elle communiquait autrefois avec l’église paroissiale. Construite en 1487, elle ne fut décorée qu’en 1606. La partie supérieure de la chapelle reste dans le style Renaissance, la partie basse surprend avec son style maniériste. C’est ce qui donne à la chapelle son caractère et son originalité.

Anne Levis de Ventadour, ami des arts et des pauvres

La famille la plus ancienne mentionnée dans les annales, semble être les De Clérieu vers 1152, dont une héritière épousera Guillaume de Fay. Toujours par héritage, le château passe aux Bermond D’Anduze. Celui-ci n’ayant pas eu de postérité, c’est sa sœur, mariée à Philippe de Lévis, qui en hérite. Puis, d’autres seigneurs illustres se succèdent au fil des siècles. Nous citerons ici les noms de ceux attachés aux principaux événements qui se passèrent à la Voulte. En 1532, Gilbert II de Lévis Ventadour convoque en son château les Etats du Vivarais. Gilbert III épouse Catherine de Montmorency. Les luttes fratricides entre protestants et catholiques sont à cette époque, d’une violence extrême. Quelques troubles et conflits se déroulent à la Voulte et dans les environs au moment du siège de Privas. Anne de Levis succède à Gilbert III ; il épousera Marguerite de Montmorency, cousine du Roi.

Anne Levis, fut certainement le plus brillant seigneur de la Voulte. Il se couvre de gloire dans les Flandres, combat pour le roi, dans le Limousin. Pendant son règne Anne Levis fait embellir le château, créer les jardins du Clos et la chapelle. Il meurt en 1622 dans la piété et la foi. Il a donné son cœur aux Capucins de Beaucaire, mais sa sépulture eut lieu à la Voulte dans le caveau de la chapelle. Il laissera le renom de doux et humain, ami des pauvres aimant les arts et faisant le bien.

Son fils, Henri de Levis, qui lui succède doit faire face à de nombreuses difficultés, résultants des troubles entre protestants et catholiques. La peste de 1628 débute dans le midi de la France, puis gagne les rives du Rhône. La Voulte à grandement souffert de ce fléau, une partie importante de la population étant décimée. La peste disparaît en novembre 1629. Henri de Levis épouse Marie de Liesse de Luxembourg, fille du Duc de Luxembourg et de Madeleine de Montmorency, cousine germaine de la duchesse de Ventadour.

Les derniers habitants du château

Le dernier Duc de Ventadour, Louis Charles, meurt en 1717. Sa fille unique, Anne Geneviève, était mariée au duc de Rohan. Les droits sur les Baronnies de la Voulte passent à cette la famille de Rohan-Soubise, puis au duc d’Aumale. En 1823 a lieu la mise en vente des biens de la succession des princes de Soubise et du Duc d’Aumale. Ils abandonnent à la commune les grandes Iles du Rhône. Le Duc D’Aumale vend ensuite à la société des Hauts Fourneaux le château. Cette société fait aménager la demeure pour y loger ses ouvriers. En 1890, la société des Hauts Fourneaux en faillite, revend le château au Baron du Marais. Ce dernier fait réaliser quelques restaurations.

Après la mort du Baron du Marais, le château passe à la famille de Lagredol, puis en 1938 à Katia Granoff. Katia Grannoff muse du célèbre peintre Georges Bouche, mécène des artistes, est séduite par ce lieu. Elle occupe alors les pièces situées sur la terrasse. Amie des arts et des artistes, elle aussi possède une galerie d’art à Paris. Elle projetait d’accueillir au château, les artistes défavorisés, encore inconnus. Katia voulait que cet endroit devienne un centre culturel, un lieu artistique un toit pour l’art et les artistes. Les souhaits de la belle Russe n’ont pas été exaucés, la guerre s’est chargée de les anéantir. Incendié à la fin de la guerre, le château est devenu 1962 propriété de la commune de la Voulte. La Katia Grannoff évoque ses souvenirs dans son livre « Mémoires, chemin de Ronde » Abandonnée à son sort depuis la dernière guerre, une partie du château a été restaurée par une association créée dans les années 80. Des milliers de visiteurs ont parcouru les salles restaurées lors de manifestations artistiques et culturelles de l’association. D’autres, lors de visites guidées avec l’office de tourisme montent sur les terrasses du monument et découvrent la vallée du fleuve roi.

La légende du miracle des roses

À La Voulte, on raconte qu'un soir d'hiver, on vint apprendre à la duchesse Marguerite de Montmorency que des familles du Portalet et du Mirail se mouraient de faim. Sans hésiter la duchesse se rendit aux cuisines, prît quelques provisions et s'en alla les porter aux pauvres. Elle descendit l'escalier, et au moment de franchir la porte de la tour par où Marguerite sortait sans être vue pour distribuer aux malheureux ses aumônes, son époux Anne Levis duc de Ventadour, était là, debout, devant elle.

L'intendant du château l'avait prévenu contre la duchesse qui, disait-il, menaçait d'une ruine prochaine la fortune du duc par ses aumônes. Le duc lui dit : « Quelle raison si puissante a pu vous engager à sortir à une pareille heure, et que portez-vous là, caché dans le fond de cette corbeille ? » « Grâce, monseigneur ! répondit-elle en se jetant à ses pieds, ils sont si pauvres et si malheureux » !

Ce faisant, elle enleva le linge qui recouvrait le panier et laissa apercevoir au fond, au lieu des provisions qu'elle y avait déposées, une magnifique gerbe de roses fraîches, vermeilles. Le miracle était évident ! On était alors au mois de janvier ; les roses ne fleurissent qu'en mai ! La protection toute spéciale dont le ciel entourait Marguerite, venait de se montrer avec éclat. Dès lors le duc encouragea l'ardente charité de la "bonne duchesse" très aimée des Voultains.

Commentaires et annonces (5)

Publié par Lucille le lundi 15 aôut 2011 à 16:49

Bonjour.

Je suis étudiante en master et je prépare un mémoire sur les réfugiés espagnols en 1939.
Auriez-vous un document d'archive à ce sujet puisqu'une petite partie d'entre eux à été hébergés dans le château de la Voulte.
Je vous remercie. Cordialement.

Lucille

Publié par GDF26 le vendredi 11 mars 2011 à 10:53

A l'attention de karine
visite château-ville-fonderie

Publié par gilles le mercredi 02 décembre 2009 à 13:07

Bonjour, Est ce que ce tableau existe toujours, et puis-je en avoir une photo par mail ? Merci.

Publié par suzon le mercredi 28 octobre 2009 à 15:12

Avez-vous des traces des Réfugiés espagnols qui ont été accueillis en 1939 au camp de La Voulte ? Existe-t-il un document ? Je vous remercie. Sincères salutations

Publié par licorne le mardi 10 mars 2009 à 01:05

Auteur d'une trilogie sur la famille de LEVIS je me suis intéresse à l'histoire du château :

Il aurait existé dans le château de la Voulte, un tableau représentant la Madone, tenant l'Enfant Jésus dans ses bras; elle apparaissait ainsi, du haut d'un nuage, à un Levis prosterné devant elle ; une banderole partait de sa main et allait rejoindre le chevalier en prières, on y lisait ces mots: "venez à moi, mon cousin".

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